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  • Rodéo (2018)

     Plan-de-Campagne (13)

    Plan-de-Campagne est un monde en soi. Avec 520 enseignes disposées sur plus de 250 hectares, elle est communément présentée comme la plus grande zone commerciale de France et la seconde d’Europe. Créée en 1960, en périphérie de Marseille, sur un modèle importé des malls américains, son paysage compose avec un mélange d’architecture industrielle, de nappes de bétons et d’immenses publicités lumineuses.

    De nombreux projets photographiques ont documenté l’évolution de cette zone, à l’instar d’André Mérian (série « The Statement », 2002) ou des missions photographiques de la DATAR. J’ai pour ma part commencé à m’intéresser à ces décors en y pratiquant une méthode déambulatoire inspirée des « dérives situationnistes ». La nuit, à la fermeture des magasins, l’ambiance change. Beaucoup de jeunes viennent profiter des quelques bars, des fast-food, du cinéma ou du bowling.

    Plan-de-Campagne devient un plateau libre sur lequel, à l’écart de la ville et des habitations, de nombreux usages s’inventent.

    Les meetings de la série « Rodéo » en sont un exemple. Suite à quelques recherches sur les réseaux sociaux, j’ai pu me rendre à plusieurs d’entre-eux durant l’été 2018. Ils ont toujours lieu le même jour et durent parfois jusque très tard. L’organisation spatiale de ces rassemblements m’a d’abord étonné. Les participants se regroupent par modèles de voitures : les allemandes sur le parking de Kiabi, les italiennes sur le parking de But, etc. La plupart du temps, il ne s’agit que de rassemblements statiques entre amateurs de voitures trafiquées. Mais parfois, l’atmosphère s’électrise. Alors, les parkings se transforment en arène pour rodéos urbains. Il s’agit pour les participants d’enchaîner, à tour de rôle, des drifts devant des spectateurs ravis filmant au smartphone.